La HMS Nancy

L’origine

©Wasaga Beach Provincial Park

La HMS Nancy fut construite en 1789 dans le port britannique de Détroit pour la traite de la fourrure. John Richardson, de Richardson, Forsyth & Company de Montréal, supervisa la construction de la goélette. Une fois achevé, la Nancy mesurait environ 24 mètres (80 pieds) de longueur sur 6,6 m (22 pi) de largeur avec une cale de 2,4 m (8 pi) de hauteur. Ainsi écrivait John Richardson à son associé en 1789 de Détroit :

« La goélette sera un chef-d’œuvre de fabrication et de beauté. Elle nous coûtera cher, mais nous aurons la satisfaction qu’elle sera robuste et très durable. Ses varangues, sa quille, sa carlingue, son étrave et ses allonges inférieures sont de chêne. Son tableau, son étambot, ses allonges et planches supérieures, ses barrots et chevilles sont en cèdre rouge. Elle pourra transporter 350 barils. »

La figure de proue sculptée du navire « d’une dame habillée à la mode actuelle avec un chapeau et une plume » était l’œuvre de Skelling de New York. La Nancy fut nommée en l’honneur de l’épouse ou de la fille de John Richardson.

La traite de la fourrure

Sous le commandement du capitaine William Mills, la Nancy servit la traite des fourrures remontant les Grands Lacs en transportant de la marchandise comme des aliments, du rhum, des vêtements, des couvertures, des outils des armes et des munitions, redescendant chargée de fourrures.

À l’époque de la participation de la Nancy à la traite de la fourrure, il y avait deux principaux ports dans l’ouest : Grand Portage à Sault-Sainte-Marie, qui contrôlait l’accès au lac Supérieur et au Nord; et plus à l’ouest dans le détroit de Mackinaw, Fort Mackinac, un poste de traite vital qui commandait le lac Huron, le lac Michigan et l’Ouest.

En 1793, la Goélette fut vendue à George Leith & Company et encore une fois vers la fin du siècle, il fut vendu à la North West Fur Company. Le capitaine Mills commanda la Nancy jusqu’en 1805 à quelle date le capitaine Alexander Mackintosh lui succéda. Au service de ces deux sociétés, le rôle de la Nancy demeura celui de navire de transport pour la fourrure et la marchandise sur les lacs Érié, Huron et Michigan.

La guerre

Lorsque les États-Unis déclarèrent la guerre à l’Angleterre en 1812, la Nancy fut réquisitionnée comme navire de transport britannique par le lieutenant-colonel St. George, commandant de la garnison. Dans l’inventaire envoyé à Sir Isaac Brock par le colonel Matthews Willot, la Nancy était décrite comme pouvant transporter six canons de quatre livres sur chariot et six canons sur pivot.

À la déclaration des hostilités, il y avait trois principales routes de transport de Montréal vers le Nord-ouest. Une route passait par la rivière des Outaouais, la rivière des Français et la baie Georgienne; la seconde traversait les lacs Ontario, Érié, Sainte-Claire et Huron. La troisième, une route terrestre, partait du lac Ontario à York (Toronto), empruntant la rue Yonge jusqu’à Holland Landing et ensuite la rivière Holland. De là, la route entrait dans le lac Simcoe et menait à la baie Kempenfeldt (Barrie) où commençait le portage de neuf milles jusqu’à Willow Creek communiquant avec la rivière Nottawasaga et le lac Huron. Ce trajet devint la principale voie d’approvisionnement durant la dernière année de la guerre.

L’évasion de la Nancy

Le 10 septembre 1813, alors que la Nancy se trouvait à Fort Mackinac, la flotte britannique fut vaincue à la Bataille du lac Érié, laissant la Nancy comme le seul navire britannique survivant sur les Grands Lacs d’amont. Le 5 octobre, à son retour à l’embouchure de la rivière Sainte-Claire à bord de la Nancy le capitaine Mackintosh trouve Détroit et Amherstburg en mains américaines. Deux goélettes armées et une canonnière attendaient son arrivée en embuscade et à midi le lendemain, la Nancy fut attaquée. Mais le 7 octobre, toutefois, Mackintosh faisait pleines voiles vers Sault-Sainte-Marie où il passa l’hiver.

Après la bataille du lac Érié, les Américains planifièrent de recapturer Fort Mackinac qu’ils avaient perdu le 17 juillet 1812. Au printemps 1814, la Nancy fit trois trajets aller-retour de Fort Mackinac à l’embouchure de la rivière Nottawasaga pour l’approvisionnement. Le 3 juillet 1814, alors que la flotte américaine quittait Détroit à destination de Fort Mackinac, la Nancy se trouvait à la base d’approvisionnement de Nottawasaga pour la quatrième fois. La Nancy fut alors déplacée de 3 kilomètres (2 milles) en amont de la rivière sous le commandement du Lieutenant de la Marine royale Miller Worsley. Ici, bien cachée et protégée par un blockhaus, la Nancy attendait.

Découverte

Le 14 août 1814, trois navires américains, les Niagara, Tigress et Scorpion, sous le commandement du Capitaine Sinclair, arrivèrent à l’embouchure de la rivière Nottawasaga en attente de l’arrivée de la goélette britannique qu’ils croyaient en route de Fort Mackinac. Ce n’est que lorsque des groupes de corvée de collecte de bois des navires américains ont trouvé la Nancy dans sa cachette que le secret fut révélé.

L’engagement fut bref et décisif. Les forces du lieutenant Worsley comptait 22 matelots, 23 Anishinaabe-Ojibwe sous le commandement du lieutenant Ramsay Livingston et 9 voyageurs canadiens-français. Leur armement consistait de deux caronades de 24 livres et d’un canon long de 6 livres. La force de trois vaisseaux américains comptait 500 hommes armés de 18 caronades de 32 livres, deux canons longs de 24 livres et d’un mortier de 5,5 pouces faisant pencher la balance formidablement en sa faveur. Le capitaine Sinclair ancra ses navires dans la baie et commença à pilonner la Nancy et le blockhaus de l’autre côté de la bande de terre séparant la rivière de la baie.

La situation était désespérée. Le lieutenant Worsley décida de détruire la Nancy plutôt que de la laisser tomber entre les mains de l’ennemi. Cependant, durant les préparatifs pour le sabordage de la goélette, un coup direct sur le blockhaus mit les flammes à la Nancy. Elle brûla jusqu’à la ligne de flottaison et coula. Les forces britanniques s’enfuirent dans la forêt sans être poursuivies.

Après le combat, les Scorpion et Tigress restèrent pour prévenir l’approvisionnement de Fort Mackinac par des canots et de petites embarcations. Éventuellement, l’embouchure de la rivière fut bloquée par des arbres abattus et les navires suivirent la rive nord du lac dans l’espoir d’intercepter des canots chargés de fourrures.

La revanche de la Nancy

Après avoir pagayé et ramé 600 kilomètres (360 milles), Worsley et ses hommes arrivèrent à Mackinac le 31 août. En route, ils avaient contourné la Tigress et la Scorpion. Le 3 septembre, Worsley et 92 hommes dans quatre chaloupes revinrent sur leurs pas pour surprendre et capturer la Tigress à minuit à Detour Passage. Le lendemain, la Scorpion fut attirée en position et également capturée. Les deux navires furent alors apportés à Fort Mackinac. La Scorpion fut rebaptisée Confiance en l’honneur du vaisseau britannique et la Tigress fut renommée Surprise en raison des circonstances de sa capture.

Après la guerre, la Northwest Fur Company se vit indemniser 2 200 livres pour la perte de la Nancy. En plus de cette somme, 500 livres lui furent octroyées pour deux aller-retour entre Détroit et Fort Érié en 1812, et 1 243 livres et 5 shillings pour son service en 1813 et 1814.

Nancy Island

Progressivement, le courant dans la rivière déposa du sable et du limon autour de l’épave submergée et l’île se forma. Le 1erjuillet 1911, M. C.J.H. Snider repéra la coque qui était visible juste sous la surface de l’eau. Ce n’est qu’en août 1924, lorsqu’un boulet de 24 livres américain fut trouvé sur la rive par le Dr F.J. Conboy que l’intérêt fut ravivé. L’épave ensevelie depuis longtemps fut redécouverte à l’été 1925 par le Dr Conboy dont l’intérêt avait été excité par M. Snider.

Les gouvernements du Dominion et de la province, ainsi que de nombreuses personnes, devinrent intéressés par le site historique et en 1928, la coque fut renflouée et placée sur l’île. Le 14 août 1928, 114 ans après la galante défense de la Nancy, le musée de la Nancy fut officiellement ouvert, sur l’île qu’elle avait aidé à créer, afin de commémorer cet épisode de la guerre de 1812.

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